"La Chasse au trésor" est née en 1980 sur une idée de Jacques Antoine, concepteur de nombreux jeux radiophoniques et télévisés, et patron de "Télé Union Productions", société de production installée dans les années 80 sur les Champs Elysées à Paris.

Après une émission "pilote" tournée à Fort Boyard, le concept est vendu à la "Communauté des Télévisions Francophones", qui proposera la diffusion sur la chaîne française Antenne 2, la chaîne belge RTBF1, la chaîne luxembourgeoise RTL Télévision, la chaîne suisse TSR, la chaîne monégasque TMC, et la chaîne canadienne SRC. La télévision suisse se distinguera en diffusant les émissions dès la fin de l'année 1980, alors que les autres chaînes francophones attendent le mois de mars 1981, après la fin de "La Course autour du Monde". Le reporter choisi pour animer "La Chasse au trésor" est d'ailleurs issu de "La Course autour du Monde 1977-1978", c'est un quasi-inconnu qui s'appelle "Philippe de Dieuleveult", mais qui a été préféré à diverses célébrités auditées pour la circonstance, et qui n'ont pas enthousiasmé les producteurs qui les mettaient à l'épreuve sur les Champs Elysées dans les conditions de l'émission.
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Le principe du jeu est en fin de compte très simple : une énigme à résoudre en 45 minutes, à l'aide de documentations mises à disposition, et des renseignements trouvés sur place par le reporter, afin de retrouver un objet caché. Le reporter est installé dans un hélicoptère sur le terrain de jeu, dans n'importe quelle région du globe (50 pays ont été ainsi visités), et il est suivi d'un caméraman et d'un ingénieur vidéo. Une liaison radio le relie en direct "son" avec le studio parisien dans lequel sont installés les candidats et l'animateur.
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Dans la première saison, l'animateur en studio est le déjà célèbre Philippe Gildas. Les énigmes à résoudre sont souvent issues d'événements historiques avérés, dénichés par Jean Dova, autrefois chargé de la rédaction des questions du "Francophonissime". Il n'y a qu'une énigme par émission, avec 45 minutes pour la résoudre. Le gain en cas de victoire est de 30 000 francs français, et une prime de consolation de 5 000 francs français est prévue pour les candidats qui ont perdu. La solution de l'énigme se trouve dans un petit coffre qui est ouvert une fois que le temps limite est atteint.
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Le succès de l'émission est au rendez-vous : aventure, dépaysement, suspense, intérêt historique et géographique, prises de vue aériennes, et un reporter particulièrement dévoué et dégourdi. Néanmoins Antenne 2, principal financeur de l'émission, trouve qu'elle manque un peu de rythme, et les producteurs décident donc de multiplier les recherches par 3 à partir de la 2ème saison : 45 minutes pour 3 énigmes. Les gains sont donc redistribués différemment : 2 500 francs français si le premier trésor est trouvé, 5 000 francs français si le 2ème trésor est trouvé (soit 7 500 francs français pour les 2 trésors), et 20 000 francs français si le 3ème trésor est trouvé (soit 27 500 francs français pour les 3 trésors trouvés). La multiplicité des énigmes oblige les producteurs à étendre les épreuves au delà de thèmes historiques précis, ajoutant régulièrement de la fantaisie, ou de la mise à l'épreuve sportive de l'animateur vedette Philippe de Dieuleveult.
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En 1982, Philippe Gildas doit, à grands regrets, céder sa place d'animateur en studio. Il est en effet promu Directeur de l'Information sur Europe 1 ce qui ne lui laisse plus de temps pour "La Chasse aux trésors". C'est Jean Lanzi qui le remplace pour les 6 premières émissions de la seconde saison. Certes, Jean Lanzi ne semble pas très à l'aise, mais nous ne saurons jamais pourquoi il quittera l'émission aussi vite. C'est donc Didier Lecat qui le remplace définitivement, et animera 76 émissions durant les 3 dernières saisons.

Pour expliquer les énigmes, la solution du coffret est également adaptée : c'est une animatrice qui se chargera de cette mission. Jacques Antoine pense au départ à la femme de son complice Jacques Solness, une habituée de ses "Histoires vraies" et autres "Dossiers extraordinaires" : Marie-Thérèse Cuny. Mais cette exposition médiatique lui est difficilement supportable, et elle souhaite rapidement se faire remplacer. Elle suggère le nom d'Elsa Manet, qui joue le même rôle qu'elle dans la version allemande de "La Chasse aux trésors", qui commence déjà effectivement à se décliner dans différentes variantes étrangères. Et c'est ainsi qu'Elsa Manet, française germanophone, la remplacera définitivement après 15 émissions.

La formule à 3 trésors est effectivement plus dynamique, et elle fait de ce jeu télévisé un jeu vraiment pas comme les autres, qui n'hésitera pas en France sur Antenne 2, pour la 3ème saison en 1983, à défier le film du dimanche soir de TF1. Philippe de Dieuleveult devient une vedette qui fait la une des hebdomadaires de télévision, qui le surnomment le "Tintin de la télé". Avec sa tenue rouge de "chasseur de trésor" et son casque radio sur les oreilles, toujours souriant et attentionné, il donne l'impression aux téléspectateurs de les associer à ses aventures et ses voyages.

Alors que les tournages des dernières émissions de la 4ème saison se terminent, Philippe de Dieuleveult sollicite 2 hélicoptères pour la prochaine saison, soucieux de montrer le travail harassant du caméraman et de l'ingénieur vidéo chargés de le suivre. Cette faveur lui est accordée pour 3 tournages, mais Antenne 2 ne souhaite pas étendre ce dispositif plus onéreux, privilégiant le financement du "Grand Raid", et Philippe renonce alors à poursuivre sa participation à l'émission, qui s'arrête brutalement après 109 tournages. Il se consacre désormais à la société de production audiovisuelle qu'il vient de créer : "Passeport bleu".

Au cours de l'été 1985, il accepte de participer, en tant qu'aventurier et caméraman, à une expédition en rafts qui souhaite remonter l'ensemble du fleuve Zaïre depuis sa source jusqu'à l'embouchure. L'expédition s'appelle "Africa Raft", et elle s'arrête tragiquement aux abords du barrage d'Inga, au Zaïre, les 2 rafts étant retrouvés sur le rivage endommagés et vides de tout occupant. Accident ou bavure, la polémique s'installe, mais il n'est pas utile d'en rajouter.

A l'époque, en août 1985, le journal dans lequel je découvre cette nouvelle indique : "Dieuleveult a disparu". Ce gros titre me fait un électrochoc, j'ai 19 ans et l'émission vient de marquer 4 années de mon adolescence, 4 années de fidélité, et je me dis que "jamais Philippe de Dieuleveult ne disparaîtra". C'est de cette fidélité que me vient aujourd'hui ma motivation à retrouver ceux qui peuvent le mieux parler de l'émission : ceux qui l'ont faite ! Car, sans enlever un seul des mérites de Philippe, le succès de l'émission était garanti grâce à la recette magique trouvée par Jacques Antoine, et tous ceux qui ont participé à cette émission : animateurs, préparateurs, techniciens, candidats, pilotes d'hélicoptères, ils ont tous contribué à cette réussite qui a fait le tour du monde.
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