José Banaudo, vice-président du GECP (Groupe d'étude pour les chemins de fer de Provence) nous explique les conditions de tournage de cette émission, puisqu'il était à bord du train ce jour-là :

Le tournage a eu lieu le 8 mai 1981. Le train vapeur était monté la veille au soir de Puget-Théniers à Annot et redescendu le 8 au matin en aval d'Annot, pour effectuer les prises de vues en ligne. La locomotive était la E 327 originaire du Réseau Breton, machine construite en 1909 par l'usine Fives-Lille, qui a été classée quelques années plus tard "monument historique", et que nous utilisons toujours aujourd'hui pour effectuer des excursions sur la ligne des Chemins de fer de Provence. Cette machine est propriété de la FACS-UNECTO (Fédération des amis des chemins de fer secondaires - Union des exploitants de chemins de fer touristiques) qui l'a confiée à notre association, le GECP.

Cette émission de la première saison a été diffusée une seule fois sur Antenne 2, le 19 septembre 1981. L'énigme était : "Si le ringard orné d'un ruban rouge n'est pas aux mains de M. Henri, à Puget-Théniers, aux mains de Mme Simon, à Entrevaux, dans la remise à Saint-Benoît, dans la remise aux Scafarels, aux mains de M. Brandot, à Annot, c'est qu'il est à sa place."

Le sujet de l'énigme était le ringard, outil en fer long d'environ 2 mètres qui se trouve à bord de toutes les locomotives à vapeur. C'est le "sens propre" de ce terme, qui est surtout connu du public au "sens figuré". Lorsque la nécessité s'en fait sentir, le chauffeur l'utilise comme un tisonnier pour gratter le feu, afin d'en éliminer les scories, l'aérer en répartissant mieux les blocs de charbon, et activer ainsi la combustion. M. Félix Henry, aujourd'hui décédé, était à l'époque le chef de gare de Puget-Théniers, localité où est basé le train à vapeur. Mme Simon, maintenant retraitée, était la gérante de la gare d'Entrevaux. St-Benoît et Scaffarels sont deux haltes intermédiaires où il n'y a pas de personnel. M. Pierre Brando est encore aujourd'hui chef de gare à Annot.

Lors de leurs recherches, les candidats québécois ont découvert que le ringard pouvait être un tisonnier, et ils avaient envoyé Philippe chez plusieurs boulangers, supposés utiliser un tisonnier dans leurs fours à pain. C'est Philippe Gildas qui a remarqué que les 5 villes citées dans le texte de l'énigme étaient toutes reliées par une voie de chemin de fer, et qui a pensé que cela pouvait avoir un rapport avec le trésor. L'hélicoptère a alors remonté toute la voie ferrée pour retrouver le train.

Le tournage présentait deux contraintes : d'une part le train à vapeur ne pouvait pas stationner trop longtemps en pleine ligne, car il fallait laisser la voie libre pour le passage des autorails réguliers, et d'autre part le pilote de l'hélicoptère et Philippe de Dieuleveult ne devaient pas "se louper", car la prise de vue devait se faire sur le plus haut viaduc de la ligne, le viaduc de la Donne, qui élève son tablier à 42 m au dessus du torrent du Coulomp.

Le train avait été mis en marche exprès pour l'émission, et le chiffon rouge avait été accroché au ringard pour mieux le distinguer. Il était convenu que, si les candidats trouvaient l'énigme, et si l'hélicoptère s'approchait du train et manifestait son intention de se poser, nous devions continuer à avancer, et nous nous arrêterions sur ce viaduc qui présentait suffisamment d'espace pour manœuvrer autour : ailleurs, la ligne est tantôt en tunnel, tantôt à flanc de montagne, tantôt dans la forêt, et l'approche de l'hélicoptère aurait été trop risquée. De plus, cela ajoutait au caractère impressionnant des prises de vues !

On nous a confié cette photo faite alors que Philippe a déjà sauté de l'hélicoptère. Avez-vous une idée de l'endroit depuis lequel cette photo a été prise ?

C'était au téléobjectif, du haut de la montagne dominant le viaduc côté ouest, où une route (aujourd'hui privée et inaccessible) permettait d'approcher depuis la halte de Scaffarels.

(Pour information, c'est Jean-Jacques Pasquier qui a préparé l'émission, et qui a imaginé cette séquence du "drop" de Philippe depuis l'hélico sur le train, séquence que Jean-Jacques Pasquier a testé lui-même la veille du tournage !)

Qui était à bord du train ?

Nous étions 4 sur la locomotive : Jacques Chaussard, président de l'association (il a ensuite été président honoraire et a longtemps travaillé comme caméraman puis réalisateur de télévision) : c'est lui qui remet le trésor à Philippe de Dieuleveult. Il y avait aussi Guy Tricard, le mécanicien, aujourd'hui décédé, et deux chauffeurs : Roger Price et moi-même, mais nous n'apparaissons pas sur les photos puisque nous nous trouvions plus à l'intérieur dans la cabine pour nous occuper du feu.

 

J'espère que ces souvenirs pourront vous être utiles. Je peux vous dire aussi que les bénévoles de notre équipe qui ont participé à ce tournage en gardent un excellent souvenir, d'autant que nous n'en étions qu'à notre deuxième année de circulation, et que c'était la première fois que nous participions à un tournage, que ce soit pour la télévision ou le cinéma.

 

 

José Banaudo est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les trains, dont 2 où il présente le train des pignes :

 

 

Retrouvez le Train des Pignes sur https://www.gecp-asso.fr/

Vous y découvrirez que la locomotive E 327 utilisée dans l'émission n'est plus en service depuis 2007, mais a cédé la place à une autre machine à vapeur.


Jacques Chaussard dans "La Chasse au trésor"

J. Chaussard avec Jean-Pierre Cuny pour "L'aventure des plantes"

Jacques Chaussard dans "L'académie des 9"

Cette page est dédiée à la mémoire de Jacques Chaussard, décédé le 13 octobre 2019 à l'âge de 78 ans

 

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Témoignage recueilli en mai 2004, actualisé en janvier 2012 et mars 2020