Au cours de l'été 1982, j'avais écrit à Philippe de Dieuleveult, par l'intermédiaire de Télé Union Productions. A l'époque, les photocopies n'étaient pas aussi accessibles qu'aujourd'hui, et je n'ai aucun double du courrier que je lui avais adressé. Néanmoins, j'avais déjà procédé à une sorte d'interview, quasiment selon les mêmes modalités que celles que j'utilise aujourd'hui avec les témoins retrouvés, à savoir que ma lettre comportait un certain nombre de questions, auxquelles Philippe a répondu lorsqu'il m'a écrit le 11 avril 1983 :

Philippe de Dieuleveult m'a répondu près de 10 mois après mon envoi, vraisemblablement lors du déplacement pour le tournage de l'émission dans le Vercors.

C'est ainsi que je me souviens avoir évoqué le fait que je n'étais pas moi-même particulièrement sportif, et Philippe commente ce point : "C'est l'esprit sportif qui est important".

Il ne se souvient plus des musiques qu'il a utilisées pour illustrer son film saharien "Trois roues sur le sable", mais j'ai identifié plus tard que le morceau que je recherchais s'appelait "Secret Garden", joué par Alan Parsons Project.

Parmi certains extraits sonores utilisés dans "Trois roues sur le sable", j'ai reconnu "Secret Garden", joué par Alan Parsons Project (Album "Eve")

 Cliquer ici pour télécharger un extrait de "Secret Garden" (Alan Parsons Project, album "Eve")
MP3 - 114 Ko
Cliquer ici pour télécharger un extrait de "Secret Garden" (Alan Parsons Project) utilisé pour l'illustration sonore de "Trois roues sur le sable"

Je lui avais également fait remarqué que les hélicos ne volaient pas à leur vitesse maximum, ce qu'il justifie très logiquement par le fait qu'une porte est enlevée ou ouverte pour les besoins de la caméra.

Autant dire que c'est avec beaucoup d'émotion que je procède aujourd'hui à ces recherches, et à ces interviews à distance, calquées sur la même méthode, à la différence près que, la plupart du temps, il s'agit aujourd'hui d'échanges de mails.

Philippe me félicite pour mon poème, et, là encore, je n'en ai pas de photocopie. Je pense en avoir toutefois retrouvé les termes, il s'agissait d'un poème octosyllabe qui devait à peu près dire cela :

Il peut tout faire, si Dieu le veut,
C'est Philippe de Dieuleveult,
Qui des trésors cherche la trace,
Oui, des trésors, il fait "la Chasse".

Tous les dimanches, à 18 heures,
Dans son fauteuil, chacun a peur,
En le voyant dans l'hélico,
Au démarrage du chrono.
Que va-t-il devoir encore faire ?
Encore un plongeon dans la mer ?
On ne s'étonne plus de rien,
Quand on le connaît vraiment bien !

Il n'est pas seul, il y a aussi
Bruno Delattre, Patrick Fabry,
Francis Simon, Serge Beaupère,
Ou encore Jean-Yves Le Mener.
C'est deux d'entre eux, à chaque fois,
Qui l'accompagnent, en chaque endroit.
Trois à suer, à haleter...
Et surtout, à nous épater !

81, Philippe Gildas
Nous a présenté "notre" Chasse.
82, c'est Jean Lanzi,
Avec Marie-Thérèse Cuny.
Lanzi s'en va, voilà Lecat,
Cuny s'en va, voilà Elsa.
Cuny, Manet, les magnanimes,
Nous éclaircissent toutes les énigmes,
Lorsque Philippe n'a pas trouvé,
L'un des trésors à rechercher,
Malgré tout ce qu'il a pu faire,
Et croyez-moi, il faut le faire !

Nous t'adorons, "Chasse aux trésors",
Pour le suspense, et pour le sport.
Et je me dois de finir ainsi,
En disant : "Jacques Antoine, merci."

Déjà à cette époque, j'associais au succès de l'émission tout l'entourage qui gravite autour de Philippe : techniciens, animateurs studio, producteur... une manière de procéder qui, j'en suis convaincu, n'aurait pas déplu à Philippe, et me guide au quotidien dans ma façon de lui rendre hommage.

Quand je l'ai rencontré le 20 mai 1984 lors d'un meeting aérien, je lui ai montré sa lettre, et il m'a dit "Tiens, c'est une écriture que je reconnais !", impossible pour moi d'oublier cet instant.

Lesquin, 20 mai 1984, je me présente à Philippe de Dieuleveult en lui montrant le courrier qu'il m'a adressé Sa première remarque fut "Tiens, c'est une écriture que je reconnais !" Ces quelques instants privilégiés en compagnie de Philippe de Dieuleveult sont gravés à jamais dans ma mémoire

Quand les journaux ont titré en août 1985 "Dieuleveult a disparu", je savais déjà que, dans mon esprit, il ne disparaîtrait jamais.