Le sergent-chef Antoine Ognalaga a participé à l'émission tournée au Gabon dans les environs de N'Djolé. Il était à bord d'une Alouette 3 de la Garde Présidentielle Gabonnaise, immatriculée TR-KCC. Une autre Alouette 3 était également à la disposition de cette émission, qui fut l'une des 3 seules émissions tournées avec 2 hélicoptères (avec celles au cirque de Gavarnie et à Carthagène de Colombie).

Philippe présente Antoine Ognalaga Antoine Ognalaga a un grand pansement sur la joue gauche pour une raison inexpliquée Antoine Ognalaga dans l'une des 2 Alouette 3 à disposition de ce tournage

Le pilote manie son Alouette 3 avec dextérité

A la fin de l'émission, Philippe de Dieuleveult doit descendre sur des billes de bois pour récupérer le trésor, une hache. L'hélicoptère ne peut pas atterrir sur ces billes flottantes, et Philippe doit descendre en se suspendant sous le marche pied de l'Alouette 3.

Le dernier trésor est posé sur ces billes de bois flottantes Antoine est reparti en croyant que Philippe avait sauté Philippe est toujours suspendu au marche pied de l'Alouette 3

Antoine Ognalaga n'a toutefois pas compris que Philippe est toujours suspendu sous l'appareil quand il remet les gaz pour s'éloigner. C'est Jean-Yves Lemener qui doit le prévenir que Philippe peut lâcher d'un moment à l'autre et tomber à l'eau. Philippe raconte ce détail dans son livre "J'ai du ciel bleu dans mon passeport", et toute la scène a été filmée par Patrick Fabry depuis le 2ème hélicoptère.

C'est dans le site Internetafrica.com que l'on a appris le décès d'Antoine Ognalaga, le 28 juin 1985. C'était à peine 7 mois après la diffusion en France de "La Chasse aux trésors" au Gabon. On découvre dans cet article du "Journal de l'union" du 28 juin 2002 qu'il avait été promu adjudant depuis le tournage de l'émission. Il a péri dans un accident d'hélicoptère qui a fait 10 morts : "la catastrophe de Makongonio".

CATASTROPHE AÉRIENNE DE MAKONGONIO

17 ans après, le temps n'a pas effacé le souvenir

Pour la Nation gabonaise, et les communicateurs en particulier qui perdirent dans la tragédie de Makongonio sept de leurs confrères, le 28 juin 1985 reste une date triste et douloureuse. Inoubliable...

C'était il y a dix-sept ans, en 1985, le 28 juin. Le matin de ce jour-là, un hélicoptère de type Bell de l'Armée de l'air gabonaise, ayant à son bord une quinzaine de personnes et faisant partie de la suite présidentielle, ne rejoignit pas l'étape suivante de Koula Moutou, capitale de l'Ogooué-Lolo. La délégation partait de la province de la Ngounié.

Cette disparition, signalée très tôt, commence à faire des vagues. L'absence de communication fait le reste pour mieux coaguler les bribes de rumeur et en faire la fatale certitude. Mais en réalité, dans le cas d'espèce, qui devait communiquer ? Et avec qui ? L'appareil de transport complètement pulvérisé en pleine forêt gabonaise et les occupants décédés (d'autres en piteux état) avaient justement perdu cette faculté importante.

Pourtant, dans les milieux compétents notamment militaires, c'est le branle-bas pour retrouver l'appareil. L'affaire est telle que le chef de l'État qui se trouvait déjà à Koula Moutou est tenu constamment informé. Mais ce n'est que trois jours plus tard, le 1er juillet 1985, que la nouvelle sera donnée aux Gabonais.

L'air grave, c'est le commandant en chef des Forces armées gabonaises, le général Idriss Ngari, qui annonça la terrible nouvelle à une Nation angoissée et refusant d' accréditer la thèse de l'accident qui revenait toujours dans les conversations : Le Bell a crashé dans la forêt de Makongonio. Et des quinze occupants, dix périront au cours de l'accident : Jean-Philippe Oyono, Eugène Bindindi, André Ofounda, Marcel Ange, Charles Ossounga Ngorogo, Ollo-Mombey, Mohamed Moungalat, Antoine Ognalaga, Faustin Ndong Biyogho et Eugène Dickombo. Pour le monde de la communication, c'est le "coup de la vie". En effet, des dix disparus, les sept premiers cités étaient de la presse, notamment de la deuxième Chaîne de télévision. Jean-Philippe Oyono (Directeur des Actualités parlées et télévisées) et Eugène Binâindi, de la presse présidentielle, André Ofounda (journaliste, attaché de cabinet du président de la République), de la RTG Chaîne 1, Charles Ossounga Ngorogo et du journal L'Union qui perdit trois collaborateurs au cours de cet accident : Paul Ollo Mombey (journaliste), Mohamed Moungalat (journaliste) et Marcel Ango (reporter-photographe). Les trois autres disparus étaient de l'armée de l'air : l'adjudant-chef Faustin Ndong Biyogho, et les adjudants Antoine Ognalaga et Eugène Dickombo.

Mais dans cette tragédie qui aurait pu emporter tout le monde, il y eut, Dieu merci, des rescapés. Au nombre de cinq, ils vivront, après la chute de l'appareil, un véritable calvaire avec des blessures profondes non rapidement traitées, le désespoir en raison de l'absence de l'éventualité même de secours dans cette forêt primaire, du manque de vivres (ils étaient obligés de manger... la boue de rivière), et surtout ayant vécu l'agonie de leurs collègues avec lesquels ils venaient sans doute de converser. Les cinq rescapés: Valentin Sa fou (journaliste, Ch. 1), Jean-Rémy Makaa (reporter-photographe AGP), Huguette Goudjo (service-photographie de la gendarmerie), Dieudonné Mbélé et Pierre Ndouong (tous deux de la Chaîne 2).

De mémoire de Gabonais, jamais le pays n'avait perdu autant de journalistes au cours d'un seul accident. Des professionnels émérites dont le passage dans les différentes rédactions est demeuré indélébile jusqu'à ce jour. Au journal L'Union, la journée du 28 juin exhume un souvenir atroce et qui demeure toujours vivace à ce jour. C'est notre date-martyre... Le samedi 6 juillet 1985, L'Union, en hommage à ces confrères disparus, avait écrit : "Ils ne seront pas oubliés".