Philippe est arrivé sur les lieux du tournage alors que nous venions de terminer les vols de reconnaissance technique.

Il nous a rejoint au studio de campagne installé dans les locaux de l’aéro-club, rempli d’émetteurs de toutes sortes. Sur le mur était installé une carte de la région. Le seul renseignement qui lui fût donné a été l’indication du rayon d’action des installations radio. En effet, la liaison son et image ne pouvait plus être garantie si nous devions sortir de ce périmètre, ce qui aurait donc interrompu l’émission. Cette information était donc vitale. Aucune autre information ne lui fut donnée.

 

Techniquement les ondes étaient relayées de la façon suivante :

 

- Le son partait des casques portés par les différents acteurs vers un avion relais qui tournait au-dessus d’eux, qu’ils soient au sol ou en hélicoptère. Les ondes radio repartaient ensuite de l’avion vers le studio de campagne installé dans l’aéroclub de BEAUNE. Le son était ensuite acheminé vers le studio de Paris où se trouvaient les candidats. L’émission était tournée en temps réel.

- Après le tournage, les images étaient ensuite mixées sur le son afin de donner la version définitive qui passait à la télévision dans les mois suivants.

 

Cela impliquait que :

 

- Le pilote devait disposer d’un retour son (petit récepteur avec oreillette) qu’il disposait sous son casque de pilote afin de pouvoir suivre ce qui se passait lorsque l’équipe de Philippe partait dans les rues. En effet les fréquences utilisées pour la télévision ne sont pas les mêmes que celles utilisées dans l’aviation et le pilote ne pouvait donc recevoir directement l’émission du tournage.

- Les candidats installés dans le studio de Paris ne disposaient d’aucune image. Vous remarquerez d’ailleurs que Philippe décrivait beaucoup tout ce qu’il voyait afin d’aider les candidats.

 

Le tournage de cette émission commençait dans une cave.

Début d'émission dans une cave de Romanée-Conti

La portée des installations radio avait été vérifiée lors des reconnaissances techniques. Lorsque l’avion nous a survolé, nous nous sommes aperçus que ses installations étaient défaillantes.

L’avion a du retourner à BEAUNE pour vérifier le système de ré-émission qui semblait ne pas être convenablement alimenté en électricité. Le temps défilait. Or les studios de tournage à PARIS sont réservés selon des horaires stricts car ils servent à plusieurs émissions successives. Le stress montait. Tout débordement d’horaire entraînerait le report du tournage avec toutes les conséquences financières que l’on imagine tant pour l’équipe de tournage (une quinzaine de personnes), que pour l‘hélico et les candidats qui venaient de Suisse.

L’avion fut en ordre à la dernière minute. Le début du tournage fut un peu malmené de ce fait. C’est pourquoi je ne me suis pas présenté au début de l’émission.

Philippe présente rapidement Gérard

Le Bell 206 au milieu des vignes

Il fallait gagner du temps pour rendre le studio de Paris à l’heure.

Le tournage s’est ensuite effectué sans encombre, jusqu’à la dernière énigme.

Survol du château de Meursault

Philippe me demanda de me rendre au dernier château, ce que je fis. Sous le stress du chronomètre, alors que je m’approchais du lieu d’atterrissage, Philippe indiqua une grosse maison bourgeoise située non loin de là. Connaissant les lieux pour les avoir repérés, j’ai alors décrit un grand cercle englobant à la fois le château et la maison, dans l’espoir que Philippe verrait le bon endroit. Je n’ai pas osé lui imposer un site qui n’était pas celui qu’il désignait, pensant que la caméra avait suivi ses instructions. J’ignorais qu’il n’en était rien et que celle-ci filmait le bon endroit.

Jugeant l’endroit non dangereux, je me posais donc dans l’endroit indiqué par Philippe, qui sortit aussitôt de l’appareil. Il s’aperçu rapidement qu’il était à côté du château. Malheureusement, le rejoindre au sol était chose plus compliquée et surtout plus longue. Le trésor fut découvert quelques instants trop tard.

Entrée du château de Meursault Philippe entre dans le château de Meursault A la recherche du troisième trésor hors délai

Le tournage était terminé. Philippe ayant compris le malentendu, demanda au studio s’il était possible de rejouer la fin. Il estimait en effet que les candidats avaient perdu par sa faute, et qu’il était donc anormal qu’ils n’empochent pas le dernier lot. Le studio ne fût pas d’accord, estimant que la partie était jouée, quels qu’en fussent les aléas. Ceci pour vous décrire à la fois l’honnêteté du tournage et celle de Philippe.

L’émission définitivement terminée, nous sommes allés nous poser dans la Gendarmerie de l’autoroute, Philippe ayant promis de s’y rendre en hélicoptère afin de remercier les autorités.

 

Gérard de Préville

Témoignage recueilli en février 2004