Quelle machine a été utilisée pour cette émission ?

C'était l'Ecureuil F-GCQD d'Héli Transport à Cannes.

Philippe de Dieuleveult présente Christian Lagouardette devant l'Ecureuil F-GCQD d'Héli Transport Héli Transport avait détaché un Ecureuil en Corse, c'était la seule machine privée sur place à l'époque Philippe de Dieuleveult et Christian Lagouardette

Vous rappelez-vous du jour de tournage de cette émission ?

Cela devait être en avril 1983, je ne retrouve plus mon carnet de vol qui aurait permis de vous donner la date exacte ! Des repérages avaient eu lieu la veille.

 

(la diffusion a eu lieu sur Antenne 2 le 30 octobre 1983)

Pourquoi est-ce vous, en particulier, qui avez été choisi pour piloter dans cette émission ? Connaissiez-vous l’émission ? Y teniez-vous particulièrement ?

J'étais le seul pilote professionnel en Corse à ce moment-là donc il n'y avait pas trop le choix ! En fait Héli Transport m'avait détaché en Corse avec la machine que j'étais seul à exploiter. Je connaissais bien l'émission et c'est sûr que cela m'a fait plaisir d'y participer, ce sont des moments rares qui changent des missions habituelles !

Philippe de Dieuleveult interroge régulièrement Christian Lagouardette sur les temps de trajet Philippe prêt à décoller pour la dernière énigme Philippe devant l'Ecureuil d'Héli Transport

Cette émission a-t-elle également été tournée dans une version étrangère avec un autre animateur ?

Oui ! Elle a également été tournée en italien, avec un français qui faisait le reporter (Jocelyn), et Philippe de Dieuleveult qui était le caméraman. Je peux même vous dire que j'ai également fait quelques temps plus tard une autre émission, sans Dieuleveult, pour une chaîne suédoise, dans laquelle le reporter Johan Toren devait sauter en parachute pour rejoindre un autre parachutiste qui sautait d'un avion. Il avait fallu monter à 2500 mètres et j'avais demandé que ce soit un de mes copains, ancien parachutiste (Henri Cipriano), qui soit le largueur.

Comment se sont passés les repérages ? Pouviez-vous vous poser n'importe où ?

Pour les différents endroits qui intéressaient l'émission, il n'y avait pas trop de possibilités, c'est ça la Corse ! Par exemple pour le premier trésor il fallait aller à Girolata, il n'y avait pas beaucoup de place mais c'était assez facile. Le poser le plus délicat était à la bergerie pour le 2ème trésor, c'était vraiment juste, un tout petit carré que j'avais repéré, c'était là ou nulle part !

Atterrissage spectaculaire juste à côté de la Tour de Girolata Atterrissage facile dans Porto L'atterrissage le plus délicat était sur cette petite plate forme à côté de la bergerie de Jean Lucciani

Par contre pour le dernier poser il y avait toute la place nécessaire près du lac de Creno. Ce lac est le seul lac boisé de Corse. Je le connais bien car je m'y suis posé à l'occasion pour aller cueillir des champignons ! On a également du se poser à Porto durant l'émission mais cela n'a pas suscité de difficulté particulière, à Ota non plus.

Final au lac de Creno où notre pilote connaît les coins à champignons !

Cela a du être la seule émission au cours de laquelle 3 passagers ont été embarqués dans l'hélicoptère pour guider Philippe dans ces recherches. Est-ce que cela était "prémédité" ?

Pas du tout ! C'est sûr qu'il y avait de la place dans l'appareil et qu'il aurait été dommage de ne pas en profiter. Alors effectivement Philippe de Dieuleveult a d'abord emmené le gardien de la tour de Girolata... (j'ai su qu'il était décédé quelques années plus tard), ensuite il a emmené un habitant de Ota, M. Agostini, je le connaissais c'était le patron de l'Hôtel "Porto" (je pense quand même qu'il n'était pas là par hasard !), et enfin on a emmené le berger, Jean Luciani, avec un chevreau. C'était vraiment amusant ce chevreau dans l'hélicoptère, qui n'arrêtait pas de crier !

Premier passager embarqué : le gardien de la Tour de Girolata 2ème passager embarqué : un habitant d'Ota qui guide Philippe vers la bergerie de Jean Luciani 3ème passager embarqué : le berger Jean Luciani qui trouvera le 3ème trésor sur les bords du lac de Creno
Le gardien de la Tour de Girolata Le facteur qui fait sa tournée à dos d'âne Le berger Jean Luciani et ses chèvres

Avez-vous ensuite gardé des contacts avec les membres de l'émission ?

Oui et non. Philippe de Dieuleveult était assez distant. Il ne déjeunait pas à notre table et cela m'a paru curieux. Sur le coup je pensais que c'était par "snobisme", mais avec le recul, je me dis que c'était sans doute par souci de concentration ou pour ne rien savoir des préparatifs et ne pas être influencé durant le jeu. Il a été plus engageant dès que l'émission a commencé. Je ne l'ai jamais revu ensuite. Par contre j'ai revu le caméraman dans une autre émission, il était très sympa. J'ai aussi reçu 2 cassettes vidéo de la part du producteur Dominique Mezerette, une pour moi et une pour le gardien de la tour de Girolata.

La carte de visite de Dominique Mezerette qui a adressé 2 cassettes vidéo à Christian Lagouardette

Que pensez-vous de notre idée d’un site dédié à « La Chasse aux Trésors » et Philippe de Dieuleveult ?

C'est excellent ! J'ai été ravi de pouvoir bavarder avec vous à ce sujet ! Je connais plusieurs pilotes qui ont participé aussi à l'émission, il y en a d'autres que je connais de nom. Je ne les ai jamais revus mais cela m'a fait plaisir de lire leurs souvenirs. Il y en a aussi que je connais et que vous n'avez pas retrouvé (Claude Caron, Christian Louvet), malheureusement je n'ai plus de contact avec eux et je ne peux pas vous aider... Honnêtement, je vous avouerai que je préfère aujourd'hui le concept de "La Carte aux trésors" qui montre beaucoup mieux les paysages. Et puis il y a mon ami Serge Giner qui pilote dans cette émission, je trouve que ce qu'il y fait est très bien !

Christian Lagouardette travaille encore ponctuellement pour une compagnie corse d'hélicoptère, mais en tant qu'administratif. Il tient avec sa femme un commerce d'articles religieux : "Je ne suis pas bigot pour autant, rien à voir avec le bruit qui courait à mon sujet quand j'étais à l'ALAT où on me présentait comme un aumônier militaire !"

Témoignage recueilli en juin 2006